TÉMOIGNAGE: J'EN MEURS DOUCEMENT MAIS SÛREMENT


Non seulement je vis avec cette maladie mais en plus je dois vivre avec d'autres combats.

Cette maladie est mon poison, ma prison, mon enfer, ma fin. Et elle sera ma perte. Ma perte pour moi même mais à personne. Je rêvais qu'on me tienne la main et j'en rêve encore aujourd'hui à des espoirs vains qui ne servent à rien et qui eux aussi sont ma perte.

Cette maladie, n'est que souffrances, comme un tourbillon sans fin, une noyade, un suffoquement. J'ai peine à respirer quelques heures qu'elle ne s'empêche de se faire ressentir. Je combat la maladie, des soucis associés, la peine d'être seule à me battre sans mains tendues, sans un regard. Le combat d'une vie mais aussi la lutte de ne pas penser à en finir. En finir, ce serait une délivrance, la fin de la souffrance, et sûrement le plaisir de certains. Les haineux du monde où l'handicap n'est que misère galeuse. La famille inexistante depuis toujours, ces haineux là et tout autre au regard noir du monde.

Baffe par la haine , baffe par la maladie, baffe par l'égoisme, baffe par l'imbu, baffe de cette vie si dure, que ce ne serait que leur faire plaisir d'y mettre une fin, pour ne plus voir, ne plus ressentir cette tristesse, ces douleurs infernales, ne plus voir ce monde s'auto détruire, cette douloureuse tristesse angoissante.

Il reste encore de belle choses me dis-je souvent, les sourires des enfants, les animaux, la nature florissante du printemps...ces petites choses qui me font oublier quelques minutes cet enfer. Ne me faisant même plus sentir seule quand je regarde l'humanisme dans les yeux d'une bête, et les couleurs de la vie sur les pétales d'une fleurs.

Cette vie je ne l'ai pas choisie, la maladie m'a choisie. Elle m'a transformé en jeune fille , toute jeune souffrante, et en une femme courbée par la souffrance. Elle m'a pris beaucoup de rêve et mes espoirs, elle m'a plongé dans de vastes profondeurs noires, elle me saigne mon corps, ma vie, mes organes, mes journées et mes nuits, elle ne m'a pas isolée, mais l'esprit mal tourné des gens l'on fait.  Elle m'a volé et me vole et me volera encore, le peu de souffle qu'il me reste. 

Pourquoi moi me dis-je souvent, pourquoi je souffre , pourquoi n'ai-je pas le simple droit de vivre comme tout le monde? Ce genre de questionnement ce produit trop souvent même si je sais que: elle, m'a permis d'obtenir le vrai regard sur la vie, de connaître l'essentiel de la vie, et sa valeur sous toutes ses formes. Elle a fait ce que je suis plus Humaine que l'humain. Le plaisir de l'être sans vouloir subir encore encore, mais peut être que... je ne sais plus , je suis perdue... je suis  ce que je suis, heureuse de l 'être mais tellement malheureuse, une vie malheureuse, que je n'ose même pas me demander dans quel état physique je serais dans 10 ans. Je ne suis pas vielle, mais tellement vielle en dedans... Condamnée dans ce corps , condamnée dans cette vie, condamnée à la solitude absolue. Ma prison.

Ce nombre d'années si longues pour un diagnostique lui a permis d'envahir mes organes, me condamnant à souffrir tel qu'aujourd'hui, une colère, cette colère... pas de traitements...pas de solutions...  une colère foudroyante qui me ronge tellement, que je ne peux pas ressortir de peine de faire trembler la terre. A nous endogirls on ferait trembler l'univers... Plus de 250 ans qu'un mot est posé sur cette maladie, et voilà où nous en sommes .... J'ai peur, pas pour moi, moi je ne fais que de rêver de cette fin , mais pour ces jeunes filles.... Je n'ai peur que du lendemain.

Je suis fatiguée, de ce monde, impitoyable, je suis fatiguée, mon corps est fatiguée, je suis malheureuse de voir ce monde, triste de réalité, et de ce ravage, triste ...

Nous sommes tellement nombreuses à nous battre.. nous battre pour informer , mais j'ai tellement l'impression que nous nageons dans le vent..... c'est usant...... 

Je suis fatiguée... j'aimerais une fin mais plus jolie... me voilà encore entrain de rêver....j'en ai ...marre

J'AIMERAIS GIFLER LE MONDE afin de le réveiller.

Le gifler tellement fort que cela lui remettrait peut être l'esprit  dans le bon sens. Nous sommes humaines, non des déchets, ni des rejets comme beaucoup s'évertuent à nous le faire entendre. Nous avons droit à une vie digne... la mienne est digne dans mon esprit, mais comme la maladie m'a à peu près tout pris...( souffle...) .

Je n'ai même plus la force de me battre pour rencontrer un médecin qui encore de son oreille sourde me diras la même rangaine de la morphine. Sans écouter, ni trouver de solution "digne"...combien sommes nous? des millions...( souffle...) des millions...

Des millions...

Des millions...

(souffle...)